Not if you were the last hippie on Earth.


Alexander, Alexander Michael Tahquitz Ebert de son vrai nom, est un peu le dernier hipster respectable de la côte ouest. Il est grand, mince, les traits tirés par l’excès de drogues et donne l’impression d’être à la fois brillant et fragile. Fils d’artistes et d’intellectuels libertins abrutis par la Marijuana, il était prédestiné à devenir un nomade perdu sur les plages de Californie. Il a donc passé son enfance sous le soleil de Los Angeles en rêvant de devenir rappeur. Cette idée rapidement abandonnée, il finit par se rabattre sur la pop en créant Ima Robot en 1997. Malheureusement, tout le monde n’est pas Phoenix et c’est une tâche particulièrement ardue de faire du neuf et du dynamique en pop-rock de nos jours.
Ainsi, il a passé ses années 2000 à galérer de petits boulots et de concerts, vivant en colloc, sortant tous les soirs à se cramer la santé et à vieillir en accéléré sans jamais en voir ni le bout ni le sens.
Un jour, il se regarda dans la glace de la salle de bain et ne reconnaissait plus rien autour de lui, ni celui qui se tenait dans le miroir. Il se retourna alors pour la première fois sur son passé et sa chambre en désordre. Il avait 33ans, l’âge de Jésus Christ et Bob Marley. Pris d’une crise d’angoisse, il fit sa valise, brisa le peu d’attache qu’il avait encore à LA pour partir vers le Nord de la Californie.
Il y vécut quelques années, à dormir sur un matelas dans un 10m² en essayant de retrouver une motivation. Il finit par la rencontrer à la terrasse d’un café. Elle s’appelait Jade Castrino, et avait un sourire qui prenait la moitié du visage. Elle était pleine de compréhension et particulièrement sensible au charme désespéré d’Alex.
A son contact, il découvrit en lui un nouveau pan de sa personnalité, il l’appellera Edward Sharpe. Celui qui est descendu sur terre pour sauver les hommes mais qui n’en fit jamais rien car toujours distrait par la beauté des femmes. Ils composèrent alors ensemble les morceaux (Home, 40 Days Dream, River Of Love…) du fameux groupe Edward Sharpe and The Magnetic Zeros au succès que l’on connait.Ils représentent un peu le dernier rempart avant le cynisme et le relativisme. Ils nous permettent de rêver de liberté tant qu’il est encore temps.
« Truth » est le premier morceau de son projet solo, plus folk/accoustique mais tout aussi émouvant. On s’imagine un peu dans In to the Wild, assis au milieu des sapins à chanter pour les ours et les écureuils.